Depuis mon expatriation en 2014 à Montréal, mon quotidien de cycliste a été boulversé. En effet, il n’était plus possible pour moi de m’entrainer en extérieur pendant presque 6 mois de l’année. De mi-Novembre jusqu’à mi-Avril, les roues sont soit détrempées, soit recouvertes de pluies verglaçantes, soit totalement enneigées (pour au moins quatre solides mois), soit pleines de graviers de l’hiver qui n’ont pas encore été nettoyés.

J’ai donc du m’équiper pour tenir physiquement et j’ai passé mes deux premiers hivers sur un spinning bike amélioré. Pour bien s’équiper en indoor, il y avait pour moi trois conditions sine qua non:

  • Avoir un vélo d’intérieur qui dispose d’une roue d’inertie et d’une résistance magnétique afin de reproduire un coup de pédale relativement identique avec les conditions d’extérieur. Les freinages mécaniques manquent cruellement de granularité et on passe rapidement d’une roue libre à un freinage trop puissant et saccadé.
  • Avoir un vélo qui dispose d’un capteur de puissance afin d’évaluer la progression hivernal. En effet, seul chez soit, impossible de comparer ses performances à celle des autres, impossible d’évaluer ses gains de puissance via des temps en montée ou autre.
  • Avoir bien sûr un vélo qui permet de synchroniser la fréquence cardiaque avec la puissance dégagée, sinon difficile de tirer des conclusions sur les séances.

J’ai donc pris cette bête, il s’agit d’un keiser m3 +.

 

Keiser m3+

Roue d’inertie

J’avais donc trouvé mon bonheur (relatif) avec ce vélo, mais j’ai rapidement été confronté à un problème de taille: la perte de motivation. Enchainer des séances de fractionné, d’intensité ou d’endurance chaque hiver pendant 6 mois, c’est particulièrement démotivant, surtout dans un contexte où l’on ne peut pas évaluer sa progression sur ses temps de référence en extérieur.

Je suis donc parti à la recherche d’applications pour faire du cyclisme « connecté ». J’en ai trouvé deux qui me permettaient de lier l’utile à l’agréable:

  • Zwift (qui était encore en beta il y a moins d’un an) a été game-changer dans ma préparation. Il s’agit d’un jeu vidéo connecté soit à notre home-trainer (ou plutôt smart trainer), soit à notre capteur de puissance; en l’absence des deux, le système dispose d’un algorithme d’émulation permettant de générer une puissance estimée appelée zpower (basée sur le couple capteur de vitesse + capteur de cadence et le poids). Il y a en moyenne plus de 1200 cyclistes connectés en permanence. On peut soit rouler en peloton sur plusieurs type de parcours: plat, montagne, vallon; soit participer à l’une des nombreuses courses proposées chaque jour. Les courses ont organisées comme en FFC, par catégorie de niveau. La killer feature est que l’application contrôle le smart trainer. C’est à dire que selon le matériel, elle simule avec brio des montées ou des descentes en roue libre, des pentes jusqu’à 20%, et le drafting (le phénomène d’aspiration en peloton). C’est tellement déroutant que je me suis surpris plusieurs fois à essayer de réajuster mon casque ou mes lunettes car mon cerveau pensait que j’étais en extérieur. A chaque fois que je n’ai pas l’envie de m’entrainer, il me suffit de songer à faire une course, l’ego et l’esprit de compétition se mettent en place et 15 minutes après je suis sur mon vélo.
  • TrainerRoad permet de faire de l’entrainement spécifique. Il y a des programmes d’entrainement de décrassage, d’endurance, de contre-la-montre et même de montagne. A l’instar de Zwift, l’application sait contrôler le smart-trainer et simuler toute forme de parcours.

Zwift et TrainerRoad forment donc un ensemble alpha et omega, l’un destiné à l’entrainement, l’autre plus destiné à l’exploitation et à la vérification que « ça marche ». Pour rendre les entrainements plus efficaces sur TrainerRoad et les courses plus réalistes sur Zwift, le cycle démarre par un test de FTP (Functional Threshold Power). Il s’agit de la puissance au seuil fonctionnel, en somme, le nombre de Watts maximum que le cycliste peut emmener pendant une heure. C’est donc le premier métrique important à entrer afin que les entrainements soient bien calibrés. Et bien sûr, le second métrique est le poids, ce qui nous permet d’avoir en temps réel notre rapport poids/puissance à chaque instant de la course, et de le faire évoluer, soit en maigrissant, soit en gagnant de la puissance, soit les deux à la fois 🙂 L’application adapte également les conditions réelles liées au poids en montée (désavantage) ou sur le plat/descente(avantage inertiel).

Ce que j’ai découvert tardivement avec mon vélo Keiser est que tout était en protocole fermé. C’est à dire que les Watts que je développe ne peuvent pas être transmis en dehors de la console du vélo, ma cadence non plus (RPM), bref, tout ce qui est propre au vélo, demeure dans le vélo. La seule chose que je pouvais envoyer sur les applications était mon rythme cardiaque, donc aucune chance d’avoir une estimation de ma puissance (pas même en zpower car si je pouvais mettre un capteur de cadence, impossible de mettre un capteur de vitesse sur la roue d’inertie).

J’ai donc vendu ce vélo et j’ai acheté un Smart trainer, le Tacx NEO Smart en m’assurant qu’il était compatible Ant+ ET Smart bluetooth. Ainsi à l’aide de ces deux protocoles ouvert, je suis désormais capable d’utiliser toutes les applications d’entrainement connecté. Je pense qu’il s’agit de l’avenir et que tous les spinning bike seront bientôt invendable s’ils n’ont pas de protocole pour externaliser les données d’entrainement. Ce smart trainer permet de simuler des pentes à 20%, d’encaisser 2200 Watt de puissance et a été calibré en usine pour un taux d’erreur de simulation < à 2%, ce qui le classe très largement au dessous du taux d’erreur des standards du marché. Il était aussi important pour moi de stopper avec les spinning bike et de rouler sur mon vélo d’extérieur même en hivernal afin de ne pas trop chahuter ma position. En ça je suis ravi car c’est l’installation la plus propre et la moins bruyante que j’ai pu avoir. Il n’y a plus le frottement du pneu sur le rouleau (ni de dérapage) comme on l’avait sur les anciens home-trainer: le moteur est placé directement sur la cassette/moyeu interne du Smart trainer. On a juste à enlever la roue du vélo, à poser le vélo sur le Tacx, fermer le serrage rapide et c’est terminé, on peut rouler.

Après avoir sélectionné votre équipement, il ne vous reste donc qu’à installer les applications sur votre ordinateur portable, de projeter l’image sur le mur si vous avez la chance d’avoir un rétroprojecteur et de connecter le Smart trainer ou votre capteur de puissance à votre ordinateur. Si vous faites cela en Ant+, il faut généralement utiliser un dongle externe USB qui permet de récupérer la data. Si vous faites ça en Smart bluetooth, TrainerRoad gère le protocole nativement alors que Zwift nécessite que vous utilisiez l’application Zwift Mobile Link (iOSAndroid) qui fait le relai de la donnée vers l’application sur l’ordinateur.

Donc pour résumer et pour que vous compreniez bien, de mon côté ça donne:

  • Tacx Neo Smart envoie:
    • Ma puissance en Watts
  • Tacx Neo Smart reçoit:
    • La difficulté à simuler en Watt pour avoir des sorties réaliste en terme de % de pense ou de roue libre
  • Ma polar V800 (personne n’est parfait) envoie:
    • Mon rythme cardiaque
    • Ma cadence grâce au capteur sur le vélo

à travers l’application Zwift Mobile Link, qui elle même relaie en bluetooth les infos à mon mac sur lequel est l’application. Si ça parait compliqué en expliquant, c’est réellement simple à mettre en place. Dans les faits, ça donne cette installation:

Installation Tacx

Test FTP – Pour le détail le mien est de 282.

Zwift Installation

Zwift installation

Lors d’un prochain article, je détaillerais le matériel compatible avec Zwift.

D’ici là bon entrainement 🙂

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